Un salarié reçoit sa médaille d’honneur du travail pour 30 ans d’ancienneté. Son employeur lui verse une gratification de 800 euros. Trois mois plus tard, ce même salarié part en retraite et touche une indemnité de fin de carrière. Sur la fiche de paie, les deux montants apparaissent, mais leur traitement fiscal et social n’a plus rien à voir depuis 2026. Comprendre ce qui a changé évite des mauvaises surprises, côté salarié comme côté service paie.
Régime fiscal de la prime pour médaille du travail depuis 2026
Jusqu’à fin 2025, la gratification versée par l’employeur à l’occasion de la médaille d’honneur du travail bénéficiait d’une exonération d’impôt sur le revenu, dans la limite d’un mois de salaire de base. La loi de finances pour 2026 a supprimé cette exonération.
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Depuis le 1er janvier 2026, la prime médaille du travail est imposable dès le premier euro. Le salarié décoré la retrouve dans son revenu imposable, au même titre qu’une prime exceptionnelle classique.
Une tolérance transitoire subsiste sur le volet social. Jusqu’au 31 décembre 2026, la gratification reste exonérée de cotisations sociales et de CSG-CRDS, toujours dans la limite d’un mois de salaire de base. Ce sursis prend fin au 1er janvier 2027 : toute exonération sociale disparaît à compter de 2027, et la prime sera intégralement soumise aux cotisations Urssaf, retraite complémentaire et CSG-CRDS.
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Concrètement, on passe d’un régime doublement exonéré (avant 2026) à un régime doublement chargé (à partir de 2027), avec l’année 2026 comme zone intermédiaire. Les services paie doivent adapter leurs paramétrages en conséquence.

Quatre échelons de la médaille du travail et ancienneté requise
La médaille d’honneur du travail récompense l’ancienneté des salariés du secteur privé. Elle se décline en quatre échelons, chacun correspondant à une durée de services cumulée chez un ou plusieurs employeurs.
| Échelon | Ancienneté requise |
|---|---|
| Argent | 20 ans |
| Vermeil | 30 ans |
| Or | 35 ans |
| Grand or | 40 ans |
Les périodes de chômage ne comptent pas dans le calcul. En revanche, le temps passé au titre du service national et certains congés (comme le congé de maternité) sont assimilés à des périodes de travail.
Un salarié peut demander plusieurs médailles successives au fil de sa carrière. Rien n’empêche de solliciter la médaille d’argent à 20 ans, puis la vermeil à 30 ans. Le montant de la gratification versée par l’entreprise dépend souvent de la convention collective ou d’un accord interne, pas d’un barème légal fixe.
Prime médaille du travail et indemnité de départ en retraite : deux mécanismes distincts
Quand un salarié en fin de carrière cumule médaille du travail et départ en retraite la même année, les deux sommes obéissent à des règles séparées. Les confondre crée des erreurs de traitement en paie.
Ce qui caractérise la prime liée à la médaille
La gratification pour la médaille du travail est une libéralité de l’employeur, sauf si la convention collective la rend obligatoire. Son montant est fixé par accord d’entreprise, usage ou décision unilatérale. Aucun minimum légal n’est imposé par le Code du travail.
Son fait générateur est l’attribution de la médaille par la préfecture, pas le départ du salarié. Un salarié encore en poste pour dix ans peut parfaitement la recevoir.
Ce qui caractérise l’indemnité de fin de carrière
L’indemnité de départ volontaire à la retraite, elle, est encadrée par le Code du travail. Son montant dépend de l’ancienneté du salarié dans l’entreprise et du salaire de référence. La convention collective applicable peut prévoir un calcul plus favorable.
- Le départ volontaire du salarié ouvre droit à une indemnité légale dont le montant varie selon les tranches d’ancienneté dans l’entreprise
- La mise à la retraite par l’employeur donne droit à une indemnité au moins égale à l’indemnité légale de licenciement
- Le régime fiscal diffère : l’indemnité de mise à la retraite par l’employeur bénéficie d’exonérations partielles d’impôt sur le revenu, tandis que l’indemnité de départ volontaire est imposable
Le cumul des deux sommes la même année peut faire basculer le salarié dans une tranche d’imposition supérieure. Le mécanisme du quotient (étalement fiscal sur quatre ans) peut atténuer l’effet, mais il faut en faire la demande lors de la déclaration de revenus.

Traitement comptable et gestion en paie de ces indemnités
Côté employeur, la prime pour médaille du travail et l’indemnité de fin de carrière ne transitent pas par les mêmes comptes. L’indemnité de départ en retraite fait généralement l’objet d’une provision comptable anticipée (engagement de retraite), surtout dans les entreprises soumises aux normes IFRS ou aux recommandations de l’ANC.
La gratification liée à la médaille, en revanche, se comptabilise comme une charge exceptionnelle l’année de son versement. Les retours varient sur la pratique : certaines entreprises provisionnent les médailles probables pour lisser la charge, d’autres les passent en charge ponctuelle.
Sur le bulletin de paie, les deux lignes doivent apparaître distinctement. Pour 2026, la prime médaille figure en brut imposable mais sans cotisations sociales (tolérance transitoire). L’indemnité de départ volontaire est soumise à cotisations sociales et à CSG-CRDS dans les conditions habituelles.
Erreurs fréquentes sur la prime médaille du travail en fin de carrière
Plusieurs pièges reviennent régulièrement dans les dossiers de fin de carrière.
- Verser la gratification sans vérifier si l’ancienneté déclarée inclut des périodes de chômage (qui ne comptent pas pour la médaille)
- Appliquer l’ancien régime d’exonération fiscale alors que la prime est imposable depuis janvier 2026
- Confondre le plafond d’exonération sociale (un mois de salaire de base, valable jusqu’à fin 2026) avec un plafond d’exonération fiscale qui n’existe plus
- Oublier de proposer au salarié partant en retraite le système du quotient pour limiter l’impact fiscal du cumul prime plus indemnité
Le paramétrage du logiciel de paie doit être mis à jour pour refléter le calendrier 2026-2027. Un oubli de bascule en janvier 2027 entraînera des régularisations Urssaf.
La médaille d’honneur du travail reste une distinction valorisante pour le salarié, mais sa dimension financière a profondément changé. Pour un départ en retraite prévu en 2026 ou 2027, anticiper le traitement combiné de la gratification et de l’indemnité de fin de carrière permet d’éviter un rattrapage fiscal désagréable et des erreurs de déclaration sociale.